Démocratie et participation: que disent les candidats? 1-Mélenchon

L’urgence démocratique. Une République permettant l’intervention populaire

« Le peuple est systématiquement tenu à l’écart des décisions. Tout au plus a-t-il le droit de voter une fois tous les cinq ans sans possibilité d’intervenir ensuite. Il est temps de faire confiance aux citoyens et de permettre le débat et l’expression de la souveraineté populaire en toutes circonstances.

Nous proposons de réaliser les mesures suivantes :

  • Fixer le droit de vote à 16 ans, instaurer le vote obligatoire et la reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé et généraliser la représentation proportionnelle
  • Créer un droit de révoquer un élu en cours de mandat, par référendum, sur demande d’une partie du corps électoral
  • Instaurer le référendum d’initiative citoyenne et le droit des citoyens de proposer une loi
  • Rendre obligatoire le recours au référendum pour réviser la Constitution ou ratifier tout nouveau traité européen et garantir le respect de la décision populaire
  • Reconnaître le droit de vote aux élections locales pour les résidents étrangers en situation régulière, comme en bénéficient déjà les ressortissants des pays de l’Union européenne
  • Rendre effectif le principe du non-cumul des mandats, y compris dans le temps et abroger la loi NOTRe : contre les nouvelles féodalités et l’éloignement du pouvoir des citoyens, refonder l’organisation territoriale de la République et défendre les libertés communales
  • Démocratiser l’accès aux responsabilités politiques en permettant à chacun de prendre un congé républicain, sans risque pour son emploi ou ses droits quels qu’ils soient, en vue de se présenter à des élections »

Ce que j’ai aimé

  1. Le droit de vote des étrangers, ancienne promesse de la gauche toujours remise à plus tard. Elle devrait même, sous condition de durée de séjour notamment, pouvoir être acquise aux élections nationales…
  2. Le droit de vote dès 16 ans, corollaire du durcissement continu des sanctions pénales dès cet âge (et avant).
  3. Le souhait d’assurer la fin du cumul des mandats, y compris dans le temps, et la mise en place d’un congé républicain, afin de permettre à chacun d’assumer une charge politique tout en retrouvant son emploi.
  4. Référendums citoyens et lois populaires, qui sont la traduction nécessaire de la souveraineté du peuple. Vous imaginez mon opinion en ce qui concerne la révision de la constitution et la ratification des traités!
  5. La généralisation de la proportionnelle.

Allons plus loin

La loi NOTRe (malgré toutes ses limites) et la défense des « libertés communales » ne peuvent pas être le seul prisme d’appréhension de la chose publique au plan local, où l’intervention populaire devrait constituer une exigence particulièrement vive… comme l’efficacité des politiques et des services publics qui y sont assurés.

Je ne suis pas très convaincu par le vote obligatoire, et encore moins par le décompte des blancs parmi les suffrages exprimés. Il y a bien longtemps qui si on s’y attardait sérieusement, l’abstention aurait pu préoccuper davantage le corps politique. Que viendra y changer, si on ne le précise pas de suite (quorum?), le décompte du vote blanc?

Ce qui est en jeu c’est la vitalité du débat politique dans la société.

Ce n’est pas aux institutions ou aux pouvoirs publics de le mener, mais ils peuvent y contribuer. C’est ainsi le rôle du CESE ou de la Cour des comptes, sans compter la vitalité « publicationnelle » des différents services publics. Au-delà de cette participation directe, se pose la question de la manière dont l’Etat peut concrètement stimuler la participation populaire.

On pourrait ainsi se poser la question du fonctionnement concret des différentes instances participatives adossées aux collectivités et réunissant des « citoyens » hors de toute affiliation (conseils de développement / citoyens / de quartier / etc.), sur le fondement d’obligation légales. Sans jugement hâtif, je crois pouvoir dire que leur influence est faible et la participation très marquée socialement.

Il y a donc autre chose à faire… dans un contexte où l’audience des syndicats et partis s’effrite. Je ne vais pas, à la hache, digresser sans filet et à n’en plus finir sur la place de la politique dans notre société.

Je pense toutefois que le sujet n’est pas anodin en France. On parle politique, mais entre-soi. Et le sujet s’efface dès que pointe la menace d’un désaccord. On a en effet rapidement tendance à cataloguer les gens en fonction de leurs opinions… ou de ce que l’on en perçoit! Et par conséquent, on aurait aussi vite crainte d’être catalogué et desservis par nos propres opinions.

J’y vois là un des obstacles à une participation politique sereine du plus grand nombre. A mon sens, et même si la proposition va dans le bon sens, le congé républicain proposé par Mélenchon ne pourra sûrement pas lever ses obstacles très culturels.

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